Archive pour la catégorie ‘3 – Les risques liés à la présence d’alcool.’

L’absorption par voie cutanée

          Il a parfois été dit que l’utilisation intensive de SHA pouvait donner lieu à une alcoolémie détectable voir dépassant les seuils autorisés.

          Grâce à l’Affsaps ( Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) cette question ne se pose plus. En effet l’affsaps à effectué des tests relatifs à l’innocuité des produits hydro-alcooliques à base d’éthanol. Dans leur rapport il en est ressorti que » l’éthanol est rapidement absorbé par voie orale et inhalation, mais peu par voie cutanée. Il est ensuite distribué dans tous les organes et tissus.  De nombreuses études de la littérature ont montré que l’absorption par voie cutanée ou inhalée de l’éthanol, survenant lors de frictions des mains de manière intensive avec des PHA, est extrêmement faible voir quasi nulle. » En effet, à titre d’exemple, des utilisations intensives, c’est à dire 20 frictions de trois PHA à 95%, 85%, ou 55% d’éthanol, chez 12 volontaires  ( 6 hommes et 6 femmes) rapportées dans l’étude de Kramer et al. (2007) ont montré que chez 79.2% des participants, la concentration en éthanol était en dessous de la limite de détection. La concentration médiane en éthanol était de 0.07 mg/L (0.06-0.08 mg/L) et la plus forte concentration en éthanol détectée était de 1.7 mg/L. » « Les résultats de cette étude montrent, pour tout produit et conditions confondus, que 79.2% des échantillons , la teneur en éthanol est en dessous de la limite de détection. »

Absorption par voie orale

          Inutile de préciser que les solutions hydro-alcooliques en cas d’ingestion sont toxiques et fortement déconseillées. L’éthanol présent dans les boissons alcoolisées est classée cancérigène chez l’homme. Mais on constate, avec l’apparition  de système de désinfection dans les milieux fermés et plus particulièrement dans le milieu carcéral, que certaines personnes n’hésitent pas à ingérer une solution hydro-alcoolique.

          Certains cas extrêmes vont jusqu’à être relatés par la presse telle que les évènements de la prison de Verne sur l’île de Portland en Grande Bretagne où les flacons de solution hydro-alcoolique mis à la disposition des détenus pour la Grippe ont été massivement détourné de leur utilisation première.

Risques pour les enfants et femmes enceintes

               Des précautions sont à prendre quant à l’utilisation d’une solution hydro-alcoolique chez les enfants en bas âge.  Une étude démontre qu’un réel risque de passage par voie cutanée de l’alcool contenu dans les solutions hydro-alcooliques existe chez le nourrisson en fonction des doses utilisées. Il est très important d’avoir conscience de la dangerosité d’une SHA pour un enfant en bas âge. En cas de doute il est préférable de demander conseil à son médecin. Un cas de brûlure néonatale accidentelle à l’isopropanol, a été relaté dans un article de Science Direct. Cet accident est survenu lors de la toilette du nourrisson par sa mère avec une serviette antiseptique. Les lésions provoquées par l’antiseptique ont évolué en décollement de la peau généralisé entrainant le décès du prématuré.

               Il semble évident de prévenir de la dangerosité des antiseptiques et de leur toxicité.  Ce cas est évidemment un cas isolé mais il est désormais interdit d’utiliser de l’isopropanol en néonatalogie. Concernant directement l’utilisation des solutions hydro-alcooliques chez les enfants, d’après l’Affsaps, les données actuelles ne montrent pas d’intolérance particulière des produits hydro-alcooliques dans des conditions normales d’utilisation mais ils doivent être appliqués sur peau saine, en respectant un nombre d’applications limité en fonction des besoins réels.

               Concernant les femmes enceintes, dans la mesure où l’absorption par voie cutanée est quasi nulle, il n’y a pas lieu de remmettre en cause l’utilisation d’une SHA durant une grossesse.  Toutefois, il sera recommander d’utiliser le produit hydro-alcoolique avec modération.

Inflammabilité

               Un liquide en soi n’est pas inflammable. C’est le mélange des vapeurs du liquide dans l’air qui peut former un mélange gazeux inflammable. Concernant les SHA il est conseillé de les mettre à l’écart de toute flamme ou source de chaleur ou d’étincelles. Le point d’éclair des solutions hydro-alcooliques est très bas. Le point d’éclair signifie la température la plus basse à laquelle un corps combustible émet suffisamment de vapeurs pour former, avec l’air ambiant, un mélange gazeux qui s’enflamme sous l’effet d’une source d’énergie calorifique telle qu’une flamme pilote. Il est donc déconseiller d’utiliser le gel en fumant. Il fait d’ailleurs parti des restrictions dans un bagage à main dans une cabine d’avion.