Archive pour la catégorie ‘1 – Pourquoi les solutions hydroalcooliques ?’

Définition

          Solution antiseptique cutanée, c’est à dire qui est exclusivement réservé à la peau. Elle est employée afin d’assurer l’hygiène des mains, notamment lors de soins médicaux. Elle agit par contact direct et mécanique (en friction) et s’utilise sans eau. Une solution hydro-alcoolique à pour but de désinfecter les mains grâce à ses propriétés bactéricides, fongicides, sans effet nettoyant. La solution doit s’appliquer sur des mains relativement propres et non souillées.

Quand sont apparus les solutions et gels hydroalcooliques ?

          Déjà Hippocrate préconisait l’emploi du vinaigre de l’alcool et de l’acide pour traiter les infections.

          C’est en 1847, que le austro-hongrois Ignace Semmelweis, médecin obstétricien, constate qu’une bonne hygiène corporelle du médecin, en particulier le lavage des mains entre chaque examens, évite au patient d’être contaminé. Ce qui nous paraît évident aujourd’hui ne l’était pas du tout il n’y a encore pas si longtemps que cela. Ce sont des gestes très simples qui sauvent parfois nos vies.

1867: l’anglais Joseph Lister invente le concept d’antisepsie: ensemble des méthodes prévenant et traitant l’infection.  Il l’applique à la chirurgie et à la désinfection des plaies grâce à des produits iodés.

          Les produits hydro-alcooliques, quant à eux, existent depuis l’après guerre aux Etats-Unis mais n’apparaissent en France que dans les années 90. La route est parfois bien longue pour traverser l’Atlantique! Ils commencent à être utilisé dans le milieu hospitalier notamment pour le gain de temps qu’ils représentent de part leur rapidité d’ utilisation.

          Leur utilisation en remplacement ou en complément du lavage chirurgical se diffuse dans les blocs opératoires, jusqu’à en devenir obligatoire dans la plupart des établissements médicalisés. C’est sous l’implusion du CLIN ( comité de lutte contre les infections nosocomiales) que se généralise la procédure de désinfection des mains avec une solution hydro-alcoolique. 
Aujourd’hui les solutions hydro-alcooliques s’invitent de plus en plus dans nos foyers afin de limiter les risques de contamination au quotidien. Le virus H1N1 plus communément appelé la Grippe A a joué un très grand rôle à la profusion des produits hydro-alcooliques dans nos maisons.

Comment s’utilise les solutions hydro-alcooliques?

          Les produits hydro-alcooliques sont destinés à être utiliser sur peau saine. Les recommandations de la Société Française d’Hygiène Hospitalière indiquent que le volume nécessaire à la friction pour un traitement hygiénique des mains et celui qui permet de couvrir complètement les mains et les poignets. Ce volume est variable selon les fabricants, le type de produit ( gel ou liquide) et la taille des mains. Une quantité comprise entre 1,5 et 3 ml est habituellement indiquée. Une solution hydro-alcoolique ne nécessite pas de rinçage ni d’essuyage des mains.

Quels sont les avantages d’une SHA?

Efficacité: les solutions hydro-alcooliques ont un large champ d’action sur les micro-organismes cutanés. Les SHA contiennent un agent émollient et sont hypoallergéniques, à condition de ne pas utiliser une SHA avec un parfum et elles sont mieux tolérées que les autres méthodes de désinfection des mains.

Rapidité: pour une efficacité optimale le temps de contact doit être au minimum de dix à quinze secondes, la durée totale de la procédure est en moyenne de trente secondes, alors que le lavage antiseptique dure deux minutes.

Pour les usagers: facilité et simplicité d’utilisation, encombrement et conditionnement réduits, installation dans les lieux sans point d’eau.

Quels sont les inconvénients d’une SHA?

          Le principal inconvénient des SHA est le dessèchement de la peau à la forte concentration d’alcool contenu dans ces produits. Pour limiter le risque d’irritation il est conseillé de ne pas appliquer une SHA sur des mains mouillées et lésées. Cet inconvénient peut être limité grâce à l’utilisation d’agents hydratant et adoucissant, ainsi que de complexe régénérant. L’association d’un agent hydratant comme l’Aloé Véra ou la glycérine , limite l’irritation et le dessèchement lié à l’application d’alcool sur la peau. Vous pouvez retrouver le détail de ces complexes hydratants dans la rubrique Gel hydro-alcoolique et protection de la peau. La nature des alcools utilisés est déterminante puisque ceux-ci représentent toujours au moins 60% dans toutes les solutions.

          Du point de vue des risques d’irritation, il convient de distinguer les gels fabriqués exclusivement à partir d’éthanol de ceux contenant de l’alcool isoprpylique (isopropanol) ou de l’alcool benzylique, molécules classées parmi les produits irritants. Enfin, la qualité de l’éthanol doit être elle-même prise en compte pour le risque d’irritation en faisant la différence entre l’éthanol produit par la fermentation de sucres naturels et ceux obtenus industriellement par catalyse de l’éthylène. Les gels hydro-alcooliques à base d’éthanol issus de fermentation et comportant des agents hydratants et adoucissant tel que la glycérine, la pro-vitamine B5, seront préférés aux autres produits.

          D’après un article sur le site MedHyg.ch « selon une étude réalisée dans une unité de soins intensifs, la prévalence des dermites de contact attribuées au travail était de 55% et augmentait jusqu’à 70 % pour les personnes qui se lavaient les mains plus de 35 fois par heure. D’autres études ont rapporté des prévalences de 20% et de 32%. L’irritation cutanée est la cause première des dermatoses professionnelles chez le personnel soignant des hôpitaux, bien avant les allergies au latex. »


SHA ou savon? Le débat.

          On préconise un lavage des mains avec un savon lorsqu’un point d’eau est à disposition. Les produits hydro-alcooliques ne devraient être utilisés qu’en deuxième intention et en cas d’absence d’un point d’eau potable et de savon par exemple dans les environnements collectifs (transports en commun, lieux publics, …). Toutefois avec le recul que l’on possède désormais sur l’utilisation des solutions hydro-alcooliques en milieu médical depuis plus d’une dizaine d’années, les SHA semblent être mieux tolérées chez les soignants que le savon, antiseptiques ou non ( Slotoch et al., 2007). Après un usage répété il est admis qu’un savon altère davantage le film protecteur qui recouvre l’épiderme par rapport à une SHA à base d’alcool. « Des études cliniques comparatives suggèrent qu’en termes de tolérance cutanée, les désinfectants alcooliques sont mieux supportés que les désinfectants à base de détergents » d’après MedHyg.ch. La différence d’action n’est pas la même, les SHA éliminent les bactéries et virus par simple friction avec ces derniers alors que l’action mécanique du frottement des mains permet d’emporter les salissures et autres avec le rinçage.

          En bref ce qu’il faut savoir concernant ce débat c’est qu’il est préférable d’utiliser un savon si possible mais que les SHA sont toutes aussi efficaces pour la désinfection si les mains sont déjà relativement propres.

Gel ou liquide hydro-alcoolique? Le débat.

          La question mérite d’être posée dans la mesure où il existe une différence entre les deux produits. On peut effectivement noter qu’avec un gel hydro-alcoolique on peut mieux doser le produit dans le creux de la main car il coule moins, ce qui n’est pas toujours évident avec un liquide. On s’apercevra ainsi de l’économie réalisée grâce à moins de gaspillage.

          On peut également se poser la question de l’efficacité des deux produits.  Est-ce qu’une différence de champ d’action est notable ? Des chercheurs japonais se sont penchés sur la question et une étude à été réalisée afin d’évaluer l’efficacité d’un gel par rapport à un liquide hydro-alcoolique (Japanese of Pharmaceutical Health Care and Sciences). Les résultats montrent que les formes gel et liquide sont toutes deux efficaces sur les bactéries, en donnant cependant un léger avantage à la forme gélifiée qui obtient un taux d’élimination des bactéries de 91.6% contre 85.4% pour la forme liquide. La différence est légère mais mérite toute fois d’être rapportée.